Société

L’Empire du Milieu et ses ateliers du Père Noël


Selon les dernières estimations, 75% des jouets vendus dans le monde sont produits en Chine, par 4 millions d’ouvriers. Les ateliers du Père Noël semblent avoir définitivement déserté le Pôle Nord.

Après avoir tenté de résister pendant des années, Blanchet, une marque historique de peluches 100% made in France, a dû se résoudre à mettre la clé sous la porte il y a quelques années, victime de cette concurrence à bas coût. Une situation qui résulte notamment du mouvement de désindustrialisation en Europe durant les années 90.

Dans une interview pour le journal Le Monde, Serge Jacquemier, président de l’Association des créateurs et fabricants de jouets français (ACFJF), regrette cette course aux prix les plus bas. Les coûts de revient de la fabrication sont en effet de 30 à 40% inférieurs en Asie (par rapport à la France). D’une autre enquête, il ressort que fabriquer une peluche en Chine coûte dix fois moins cher qu’en France

Lorsqu’une ONG s’infiltre

De nombreuses ONG dénoncent pourtant toujours les conditions dans lesquels travaillent les ouvriers du jouet. Les salaires sont bas et les conditions de travail sont parfois à la limite du soutenable. Des cadences très élevées en trois huit ou en deux douze. La province du Yiwu (sud de Shanghaï) est particulièrement concernée, connue pour sa main d’œuvre à bas coût et proche des premiers ports mondiaux.

Plus encore, des ONG ont infiltré ces usines pour dénoncer cette situation. China Labor Watch, avec l’aide d’une organisation française, s’est introduit dans 4 usines. Dans un rapport de 2014, l’ONG liste les multiples infractions à la législation en vigueur et dénonce l’exploitation des travailleurs du jouet (discriminations, heures supplémentaires excessives, indécence des conditions de vie, maltraitance psychologique et parfois physique…).

Dans une autre affaire relayée récemment par China Labor Watch, Hu Nianzhen, une employée travaillant au sein d’une usine de jouets Mattel se serait suicidée après avoir fait l’objet de menaces et d’une cadence de travail effrénée.

L’intensité concurrentielle sur le marché du jouet induit une pression toujours plus grande sur les coûts et par conséquent sur la main d’œuvre. Suffisamment rare pour le souligner, certaines marques européennes luttent contre vents et marées pour éviter la délocalisation. C’est le cas de l’enseigne JeuJura ou Smoby. Cette dernière a investi « plusieurs dizaines de millions d’euros dans l’outil industriel et logistique, pour être compétitif » indique un responsable de la société. Implanté à Lavans-les-Saint Claude, 70% de la production de Smoby sort de ses usines jurassiennes.

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